Stephen King - Ça , tome 2
Une conclusion épique et bouleversante
Stephen
King
- Une oeuvre monumentale >
- Les épreuves qui forgent l'artiste >
- Les années de galère avant... Carrie >
- Ça : Une immersion totale dans les noirceurs de l'enfance
- Ça : Une conclusion épique et bouleversante
- Les maîtres qui ont façonné le Roi >
- Un engagement social et philanthropique profond >
- Une oeuvre qui transende les genres >
- L'héritage du roi >
Les grands succès
Après avoir posé les fondations du traumatisme dans un premier volume magistral, Stephen King livre avec le tome 2 de Ça une conclusion monumentale.
Entre souvenirs occultés et confrontation finale, ce dénouement explore une question universelle : que reste-t-il de nos promesses d'enfants une fois confrontés à la réalité de l'âge adulte ?
Si le premier tome était celui de la découverte de l'horreur, le second est celui de la mémoire. Vingt-sept ans après avoir affronté Grippe-Sou dans les entrailles de Derry, le « Club des Ratés » est de retour.
Mais les héros ont changé. Devenus des adultes riches et performants, ils ont surtout tout oublié. Ce second volume s'ouvre sur cette amnésie protectrice qui vole en éclats sous le poids d'un simple coup de téléphone.
Le poids de l’âge adulte
Le génie de King réside ici dans la gestion du contraste. Le passage de l’insouciance (même relative) de 1958 à la désillusion des années 1980 est saisissant.
Les retrouvailles dans un restaurant chinois de Derry constituent l'un des sommets du livre : la camaraderie renaît instantanément, mais elle est teintée d'une terreur sourde.
King nous interroge : peut-on réparer l'adulte que l'on est devenu sans affronter l'enfant que l'on a été ?
Le récit gagne en noirceur. La mort de l'un des membres du groupe dès le début du tome donne le ton : cette fois, tout le monde ne s'en sortira pas. La menace n'est plus seulement une créature polymorphe, c'est le temps qui passe et l'usure de l'âme.
Une plongée dans le fantastique cosmique
Alors que le premier tome restait ancré dans une horreur urbaine et psychologique, ce second volet pousse les curseurs du fantastique vers l'ineffable. King dévoile les origines de Ça, une entité venue d'ailleurs, bien plus ancienne que la ville elle-même.
Le « Rituel de Chüd », moment charnière de ce final, fait basculer le roman dans une dimension métaphysique. Si certains lecteurs pourront être déstabilisés par cette orientation plus abstraite et « cosmique », elle permet à l'auteur de lier le destin de Derry à une lutte éternelle entre la création et la destruction.
La force de ce dénouement réside dans son goût amer. La bataille finale dans les égouts est une prouesse de tension narrative, mais c'est l'après qui marque durablement.
Pas de happy end
King ne propose pas un happy end facile. La victoire sur le monstre exige un sacrifice ultime : la perte définitive des souvenirs d'enfance.
Certaines critiques soulignent, comme pour le tome précédent, des passages d'une densité extrême et un final parfois jugé psychédélique.
Pourtant, la mélancolie qui infuse les dernières pages est d'une beauté rare. En refermant le livre, le lecteur n'éprouve pas seulement du soulagement, mais une véritable nostalgie pour ces sept enfants de Derry.
Si le tome 1 était le cri de l'enfance, le tome 2 est le soupir de l'adulte. Stephen King achève ici sa plus grande fresque sur la peur, signant une œuvre qui, quarante ans après, n'a rien perdu de sa puissance d'évocation.
Le cycle est bouclé, la cicatrice demeure.
À propos de l'auteur
Stephen King, né en 1947 à Portland, Maine, est l'auteur de plus de soixante romans et deux cents nouvelles, dont Carrie, Shining et Ça. Surnommé le Roi de l'Horreur, il a vendu plus de 350 millions d'exemplaires dans le monde. Lauréat de la National Medal of Arts (2014) et du prix PEN America (2018), il vit avec son épouse Tabitha dans le Maine, où il continue d'écrire et de soutenir des causes philanthropiques.









