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Dany Laferrière

L’obsession du rouge

Izo est un vrai chef de gang qui se prend pour un artiste. Nix, lui, est un artiste fictif qui ne se prend que pour lui-même.

Alors Izo, jaloux, tue Nix. Et le rouge coule. Le rouge du sang de Nix, et celui des centaines de victimes d’Izo.

Le rouge des dessins de Nix et du tableau qui l’obsède, Grand Intérieur rouge de Henri Matisse.

Comment cette histoire a-t-elle germé dans mon esprit?

Je suis tombé par hasard sur une vidéo où Izo racontait qu'en choisissant d'être un vrai musicien il avait dû quitter son travail régulier qui consistait à tuer des gens pour l'argent, le pouvoir et aussi le plaisir que cela procure de se mesurer à Dieu.

D'ailleurs, ajoutait-il, en s'étonnant de son propre record, « ça fait deux mois que je n'ai tué personne ».

Ayant passé ma vie à écrire, à penser, et à dessiner tout en cherchant à faire le moins de mal possible, je me devais de lui rappeler que ce n'était pas suffisant, qu'il n'était pas seul au monde, enfermé dans ses fantasmes, et qu'il devrait payer chaque vie prise, chaque blessure infligée, chaque maison saccagée, et chaque destin ravagé. C'était sa dette.

Izo est un vrai chef de gang qui se prend pour un artiste. Nix, lui, est un artiste fictif qui ne se prend que pour lui-même. Alors Izo, jaloux, tue Nix. Et le rouge coule. Le rouge du sang de Nix, et celui des centaines de victimes d'Izo. Le rouge des dessins de Nix et du tableau qui l'obsède, Grand Intérieur rouge de Henri Matisse.

Mais comment se fait-il qu'un jeune peintre affamé d'un bidonville de Port-au-Prince connaisse aussi bien Matisse?

Le monde entier se tourne vers Haïti pour découvrir cet artiste exceptionnel: un journaliste américain, un mécène et collectionneur d'art africain, un critique japonais et même une conservatrice du Centre Pompidou.

Ils interrogent les proches de Nix comme ils interrogent Izo, qui n'aura jamais autant entendu parler de Nix que depuis qu'il l'a tué. En fin de compte, l'assassin n'est toujours qu'un assassin, tandis que l'artiste, lui, touche à l'immortalité.

Mêlant faits réels et fiction, reportage et carnet d'esquisses, dessins et mots, ce cinéroman de Dany Laferrière est une ode à la puissance de l'art, qui ne se contente pas de résister à la violence et à la destruction: il leur survit en changeant la couleur du jour.

À propos de l'auteur

Né à Haïti en 1953 et vivant à Montréal depuis plus de trente-cinq ans, Dany Laferrière est l’auteur de romans salués par la critique : Vers le Sud (2006), Je suis un écrivain japonais (2008), L’Énigme du retour (Prix Médicis 2009), Tout bouge autour de moi (2011). Traduit dans une quinzaine de langues, Dany Laferrière pose d’une manière toute personnelle la question de l’identité et de l’exil. Il a adapté lui-même plusieurs de ses romans au cinéma. En 2013, il a été élu membre de l’Académie française.

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