R.J. Ellory
Une vocation née dans
une bibliothèque d’orphelinat
J.R.
Ellory
Vingt ans et vingt romans plus tard, le maître britannique du thriller psychologique continue de sonder les ténèbres de l'âme américaine.
4 décembre 2025
Par un matin de novembre 1987, un jeune homme de 22 ans entreprend d'écrire son premier roman. Il ne s'arrêtera pas pendant six ans, produisant vingt-deux manuscrits qui accumuleront plus de six cents lettres de refus. Cette obstination face à l'adversité allait forger l'un des auteurs de thrillers les plus acclamés de sa génération.
Roger Jon Ellory – qui signe R.J. Ellory – est né à Birmingham en juin 1965 dans des circonstances qui sembleraient sorties de l'un de ses propres romans noirs.
Son père, qu'il n'a jamais connu, est parti avant sa naissance. Sa mère, Carole, danseuse et actrice, meurt d'une pneumonie foudroyante lorsqu'il n'a que sept ans.
D’un pensionnat à l’autre
Confié à sa grand-mère maternelle dont la santé fragile ne permettait pas de l'élever, le jeune Roger est envoyé dans une série de pensionnats, dont le dernier, Kingham Hill à Oxford, avait été établi par la famille bancaire Barings-Young comme institution pour « enfants orphelins et égarés ».
C'est dans la bibliothèque de cet orphelinat qu'Ellory découvre les œuvres de Charles Dickens, Arthur Conan Doyle, Truman Capote et Ernest Hemingway – des lectures qui déclencheront chez lui une vocation artistique irrépressible.
À 17 ans, un séjour en prison pour braconnage le pousse à chercher d'autres voies d'expression. Il monte un groupe de rock, The Manta Rays, mais la mort tragique du batteur asthmatique dans des conditions de vie précaires le conduit à réévaluer ses priorités.
L'acharnement récompensé
L'histoire de la persévérance d'Ellory est devenue légendaire dans le milieu littéraire. Entre 1987 et 1993, il écrit vingt-deux romans complets, la plupart à la main, qui essuient tous des refus polis mais fermes.
Comme il l'explique lui-même lors d'une interview, il se trouvait dans une impasse : en Angleterre, on refusait de publier des romans situés aux États-Unis écrits par un Britannique, tandis qu'outre-Atlantique, on ne voulait pas de romans américains écrits par un étranger.
Découragé, Ellory cesse d'écrire pendant huit ans et occupe pour la première fois de sa vie un emploi de bureau.
Mais en septembre 2001, il prend une décision qui changera tout : « J'ai décidé de recommencer à écrire. Cette décision était basée sur la réalisation que c'était la seule chose que j'avais vraiment voulu faire », confie-t-il sur son site web.
Entre août 2001 et janvier 2002, il écrit trois romans. Le deuxième, Papillon de nuit (Candlemoth en anglais), sera acheté par les éditions Orion et publié en 2003.
Le succès est immédiat. Le roman est présélectionné pour le prestigieux CWA Steel Dagger et sera traduit en plusieurs langues.
Puis la consécration
Mais c'est avec son cinquième roman, Seul le silence (A Quiet Belief in Angels), que la consécration internationale arrive. Publié en France en 2008 par Sonatine Éditions, l'ouvrage remporte le prix BibliObs/Le Nouvel Observateur du roman noir 2009 et conquiert plus de 500 000 lecteurs francophones. Le livre est sélectionné pour le Richard & Judy Book Club britannique – l'équivalent du club de lecture d'Oprah Winfrey – et traduit dans plus de vingt langues.
À propos de l'auteur
R.J. Ellory, né en 1965 à Birmingham, est l'un des maîtres britanniques du thriller psychologique. Orphelin à sept ans, il connaît l'internat, la prison, puis écrit vingt-deux romans refusés avant que Papillon de nuit ne soit publié en 2003. Son cinquième roman, Seul le silence, best-seller international primé, l'impose comme une voix majeure. Auteur de vingt romans traduits en vingt-six langues, il est également musicien. Il vit aujourd'hui en Angleterre et poursuit son exploration des âmes brisées de l'Amérique.









