
Philip Kerr
Un héritage littéraire imposant
Philip
kerr
La trilogie berlinoise
Au-delà de la série Bernie Gunther, Philip Kerr laisse derrière lui une œuvre foisonnante : plus de trente livres au total, incluant quinze romans pour adultes et dix livres pour enfants.
Il avait également entamé en 2014 une nouvelle série autour de Scott Manson, entraîneur de football en Premier League anglaise, avec trois romans publiés.
Kerr, sur le site BernieGunther.com, déclarait à propos de Berlin : « J'aimais Berlin avant la chute du mur ; j'aime bien cet endroit maintenant, mais à l'époque, c'était peut-être la ville la plus atmosphérique du monde ». Cette fascination pour la capitale allemande transparaît dans chaque page de ses romans.
Son éditrice de longue date, Marian Wood, lui a rendu un hommage émouvant après sa mort : « Travailler avec Philip Kerr était le genre d'expérience que tous les éditeurs espèrent vivre. Durant les vingt ans et plus où nous avons travaillé ensemble, je l'ai trouvé à l'écoute, drôle, brillant et totalement engagé dans son écriture, donc ouvert à être édité tant qu'il estimait que l'édition était sérieuse. C'était un être humain extraordinaire et il me manquera toujours », selon ses propos rapportés par Penguin Random House.
Toujours avec la même passion
Philip Kerr résidait à Londres avec son épouse Jane Thynne, elle aussi romancière et journaliste, et leurs trois enfants.
Jusqu'à la fin, il continua d'écrire avec la même passion qui l'animait depuis ses débuts. Greeks Bearing Gifts (L'Offrande grecque) est paru trois jours après sa mort, le 3 avril 2018.
Son ultime roman, Metropolis, préquelle de toute la série se déroulant en 1928, a été publié en 2019, offrant aux lecteurs un dernier rendez-vous avec Bernie Gunther, jeune détective berlinois découvrant les horreurs du crime dans une république de Weimar à l'agonie.
L'auteur écossais aura réussi ce tour de force : faire du roman policier historique un genre littéraire à part entière, où l'exactitude documentaire côtoie l'intrigue haletante, où la réflexion philosophique sur la nature humaine se mêle aux dialogues ciselés du noir américain.
Bernie Gunther, ce détective désabusé qui refuse de baisser les yeux face à l'horreur nazie, demeure l'un des personnages les plus humains et les plus complexes de la littérature contemporaine.
Comme l'écrivait Kerr lui-même dans Berlin Noir : « Il existe tant de façons d'échapper à ce qu'on craint, et la haine n'est pas la moindre d'entre elles ».
Une phrase qui résume parfaitement l'univers moral ambigu dans lequel évoluait son héros et que l'auteur a exploré avec un talent rare jusqu'à son dernier souffle.
À propos de l'auteur
Philip Ballantyne Kerr (1956-2018), romancier britannique né à Édimbourg, est l'auteur de plus de trente ouvrages. Créateur de la série Bernie Gunther, il a révolutionné le roman policier historique en situant ses intrigues dans l'Allemagne nazie et d'après-guerre. Finaliste du prix Edgar à trois reprises, il a également écrit sous le pseudonyme P.B. Kerr une série jeunesse à succès. Il vivait à Londres avec son épouse, la romancière Jane Thynne.









