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Marek Halter

La Mémoire d'Abraham devient un triomphe mondial

Après six années de recherches, Marek Halter publie en 1983 La Mémoire d'Abraham, une fresque épique retraçant deux mille ans d'histoire d'une famille juive, de la chute de Jérusalem en l'an 70 à la destruction du ghetto de Varsovie en 1943.

Le roman suit cent générations qui se transmettent un livre familial, mémoire de l'exil, à travers le Proche-Orient, l'Afrique du Nord et l'Europe.

L'ouvrage connaît un succès phénoménal. Il remporte le prix du Livre Inter en 1984, est vendu à plus de cinq millions d'exemplaires dans le monde et traduit en 23 langues.

Aux États-Unis, il reste huit semaines sur la liste des best-sellers du New York Times. Des personnalités comme Jean-Paul II — qui y voit selon Wikipédia "un vrai livre de réconciliation" — François Mitterrand, Shimon Peres et Simone Veil saluent l'œuvre. Cette dernière affirme dans une citation rapportée par Amazon : "Popularisant ce qui a été la vie des communautés juives au sein de la société française, La Mémoire d'Abraham apporte une contribution très riche à la réconciliation judéo-chrétienne."

Toutefois, l'origine de ce succès ne tarde pas à alimenter les polémiques.

Selon plusieurs sources, dont la page Wikipédia du roman, La Mémoire d'Abraham aurait été rédigé par un nègre littéraire, Jean-Noël Gurgand.

Les accusations de Michel Borwicz

Les controverses les plus sérieuses concernant Marek Halter proviennent de Michel Borwicz, historien du ghetto de Varsovie et ancien résistant juif polonais décédé en 1987.

En mars 1980, Borwicz publie dans le quotidien yiddish Unzer Wort un article intitulé "Assez mentir". En 1984, il fait paraître à ses frais une brochure de 14 pages, Le cas de Marek Halter : jusqu'où est-il tolérable d'aller trop loin ?, conservée aujourd'hui à la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris.

Selon Wikipedia, Borwicz affirme que l'autobiographie de Halter est "bourrée d'inventions pures et simples". L'historien conteste notamment que Halter ait vécu dans le ghetto de Varsovie, qui n'a été créé qu'en octobre 1940, après le départ de sa famille pour la zone soviétique.

Il récuse également l'affirmation selon laquelle le père de Halter aurait tenté de rejoindre le maquis et celle de la participation de son grand-père au journal clandestin du ghetto Yedièss. Selon Borwicz, l'anecdote de la visite à Staline sur la place Rouge n'aurait pas plus de véracité historique.

Rachel Hertel, professeur des universités et fille de très proches amis des parents de Halter, confie selon un article de la revue XXI repris sur plusieurs sites : "Jamais les parents de Marek n'ont raconté avoir vécu au ghetto ; ils disaient être partis juste après l'éclatement de la guerre, en 1939."

D'après les magazines Le Point et Le Nouvel Observateur, de nombreuses autres anecdotes racontées par Marek Halter seraient fausses ou inexactes. Interrogé sur ces accusations, le baron Paul Halter, cousin de Marek et président de la Fondation Auschwitz à Bruxelles, déclare selon la revue XXI : "Évidemment, Marek s'arrange avec la réalité ; ses livres ne sont pas des autobiographies, quand même !"

Face à ces critiques, Marek Halter se défend en affirmant dans la revue XXI : "J'aime bien raconter des histoires. Quelqu'un qui raconte des histoires, à un moment donné, commence à broder. Il brode à l'infini tant que les gens l'écoutent. Quand il n'y a plus personne pour l'écouter, c'est fini. (...) Le petit pamphlet de Borwicz m'a fait beaucoup de mal."

Une condamnation judiciaire

En 1993, Marek Halter et Le Figaro sont condamnés en appel pour diffamation publique raciale, suite à une plainte de l'AGRIF (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne). La condamnation fait suite à une tribune publiée dans le quotidien sur le carmel d'Auschwitz, qui mettait en cause la responsabilité du catholicisme. Selon Le Monde du 15 décembre 1993, cité par plusieurs sources académiques, le tribunal a retenu la diffamation publique raciale contre l'auteur et le journal.

À propos de l'auteur

Marek Halter, né en 1936 à Varsovie, est un écrivain et militant franco-polonais naturalisé français en 1980. Auteur d'une vingtaine d'ouvrages traduits en plus de vingt langues, il est notamment célèbre pour La Mémoire d'Abraham (prix du Livre Inter 1984), fresque épique sur deux mille ans d'histoire juive. Officier de la Légion d'honneur, infatigable défenseur de la paix au Proche-Orient et des droits de l'homme, sa vie et son œuvre demeurent entourées de controverses sur l'authenticité de certains épisodes biographiques.

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