Honoré de Balzac
Un luxe ruineux et une santé sacrifiée
Honoré
de Balzac
Le luxe et la ruine : un créateur endetté
Paradoxalement, cet analyste impitoyable de l'argent et de ses ravages ne parvient jamais à gérer sa propre fortune.
7 janvier 2026
Balzac multiplie les projets commerciaux désastreux : imprimerie, fonderie de caractères, exploitation de mines en Sardaigne. Chaque échec l'enfonce davantage dans les dettes, atteignant des sommes astronomiques pour l'époque.
Son goût pour le luxe confine à la manie. Il collectionne les objets précieux, fait décorer somptueusement ses appartements, commande des cannes à pommeau d'or et des habits sur mesure chez les meilleurs tailleurs.
« J'ai besoin du superflu, le nécessaire ne me suffit pas », confie-t-il à sa correspondante et future épouse, Madame Hanska.
Pour échapper à ses créanciers, l'écrivain adopte des pseudonymes, déménage fréquemment, et va jusqu'à installer dans son domicile de la rue Berton une issue secrète permettant de fuir en cas de visite importune d'un huissier.
Ces tribulations financières ne l'empêchent nullement d'écrire avec une productivité phénoménale.
Une santé sacrifiée sur l'autel de la création
Le rythme de travail que s'impose Balzac relève de l'exploit physique et de l'autodestruction. Il écrit la nuit, de minuit à huit heures du matin, soutenu par des quantités prodigieuses de café noir.
« Le café tombe dans votre estomac (...) dès lors tout s'agite : les idées s'ébranlent comme les bataillons de la Grande Armée », écrit-il dans son Traité des excitants modernes.
Cette hygiène de vie catastrophique mine progressivement sa santé. À quarante ans, il présente déjà les symptômes d'un vieillissement prématuré. Son cœur s'affaiblit, ses jambes enflent, ses dents tombent.
Les médecins diagnostiquent une hypertrophie cardiaque et lui prescrivent du repos qu'il refuse obstinément.
En 1850, quelques mois après avoir enfin épousé Madame Hanska, l'amour de sa vie qu'il a courtisée pendant dix-sept ans, Balzac rentre à Paris dans un état critique.
Il meurt le 18 août, épuisé par les excès de travail, de café et par les maladies. Victor Hugo, présent à son chevet dans les derniers jours, témoigne de cette fin tragique.
À propos de l'auteur
Honoré de Balzac a marqué profondément le monde de la littérature du début du XIXe siècle. Il a réinventé le style romanesque et à légué à la postérité La Comédie humaine, une œuvre magistrale regroupant 88 titrres répartis en trois grands ensembles. Ses goûts de luxe, aussi prononcés que son talent d’écrivain, l’ont mené à la ruine financière. C’était aussi un bourreau de travail qui a sacrifié sa santé.









