Henri Barbusse
Le tournant politique,
du pacifisme au communisme
Henri
Barbusse
L'expérience de la guerre transforme radicalement Barbusse. Hospitalisé pour dysenterie puis évacué pour blessure en 1916, il est réformé. Il revient du front meurtri mais convaincu que la paix est un bien inestimable pour l'humanité.
23 décembre 2025
En novembre 1917, il fonde avec Raymond Lefebvre, Paul Vaillant-Couturier et l'ouvrier ajusteur Georges Bruyère l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC), dont il devient le premier président. L'association se donne comme objectifs d'agir contre la guerre et de défendre les droits des anciens combattants.
il fonde le mouvement pacifiste « Clarté » et la revue homonyme, qui visent à rassembler tous ceux qui sont épris de progrès et de paix. Dans ses écrits, Barbusse s'interroge sur le rôle politique de l'écrivain, le sens social de son œuvre et la possibilité d'une littérature révolutionnaire.
Admirateur de la révolution d'Octobre, dont il dresse le portrait dans Le Couteau entre les dents (1921), Barbusse adhère au Parti communiste français en 1923. Son destin littéraire et son militantisme politique seront dès lors confondus jusqu'à sa mort.
Directeur de L'Humanité
En 1926, il devient directeur littéraire de L'Humanité, où il développe une conception de la littérature visant à rapprocher les intellectuels du peuple et à susciter un art jeune tendu vers la libération des masses. En 1928, il fonde la revue Monde, publiée jusqu'en 1935, avec des collaborations mondiales prestigieuses.
Fervent défenseur du peuple, Barbusse trace le sillon des grands intellectuels affiliés au Parti communiste. Il devient l'un des instigateurs du mouvement pacifiste Amsterdam-Pleyel, dont il devient président avec Romain Rolland. Albert Camus adhère à ce mouvement dès la prise de pouvoir d'Hitler en Allemagne.
Moscou : le dernier voyage
Henri Barbusse multiplie les voyages en URSS et écrit une biographie élogieuse de Staline publiée en 1935. Participant à la VIIe Internationale communiste à Moscou, il décède dans cette ville le 30 août 1935, quelques jours après la clôture du congrès.
Son corps est rapatrié en France. Le 8 septembre 1935, cinq cent mille personnes participent à ses obsèques au Père-Lachaise, témoignant de l'immense popularité de l'écrivain engagé. Une estrade est dressée dans l'allée et une foule nombreuse recouvre de couronnes tout l'espace.
Le monument sur sa tombe, taillé dans la pierre de l'Oural et offert par les travailleurs soviétiques, est inauguré le 12 septembre 1936 face au mur des Fédérés.
À propos de l'auteur
Henri Barbusse (1873-1935) est un écrivain, journaliste et militant politique français. Engagé volontaire en 1914 malgré ses convictions pacifistes, il tire de ses vingt-deux mois au front Le Feu, prix Goncourt 1916, témoignage réaliste qui scandalise l'arrière et révèle l'horreur des tranchées. Fondateur du mouvement Clarté et de l'ARAC, il adhère au Parti communiste en 1923 et meurt à Moscou en 1935, fidèle à ses engagements révolutionnaires.








