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Courrier
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Coeurs sensibles, s'abstenir LIVRESSE (Avril 2000) - Martin Monestier n'écrit pas pour les coeurs sensibles. Petites natures, veuillez donc vous abstenir. La littérature de cet auteur a un côté voyeur attiré par la mort. Après la peine de mort, après les suicides, Monestier pousse encore plus loin son sans-gêne de la mort humaine et lance son regard, cette fois, sur le cannibalisme. Voilà un long reportage, sans retenue, abondamment illustré de scènes à provoquer nausées et haut-le-coeur. Rien n'est laissé de côté, des peuples cannibales «si lointains» aux tueurs cannibales du monde occidental, dont Monestier nous offre un bottin tout frais. Après le bottin, le lexique, bien sûr, où vous apprendrez qu'une «viande gentille» désigne généralement de la viande provenant d'un corps féminin et que «la belle chose» n'est autre que la viande humaine désossée. Avant de fermer la dernière page, Monestier va encore plus loin en soulevant en analyse que le cannibalisme industriel et organisé puisse être une réponse aux pénuries alimentaires du XXIe siècle.
Quatrième de couverture Cette pratique aux motifs nombreux remonte à la nuit des temps et se retrouve à un moment ouo à un autre dans toutes les parties du monde sans exception, y compris l'Europe de l'Ouest. Ce qui fit écrire à Voltaire : «Comment des hommes séparés les un des autres par de si grandes distances ont-ils pu se réunir dans une si horrible coutume? Faut-il alors croire qu'elle n'est pas absolument si opposée à la nature humaine qu'elle le paraît ?» Les dieux de nombreuses mythologies n'ont-ils pas de surcroît montré l'exemple en se dévorant entre eux ou en mangeant leurs propres enfants ?. L'époque contemporaine semble offrir une résurgence notoire de cette pratique ancestrale. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, partout dans le monde, on signale des cas individuels ou collectifs de cannibalisme. Les raisons sont sensiblement les mêmes que par le passé : cruauté, sauvagerie, plaisir, gourmandise, médecine, vengeance, religiosité, démence, amours déviants, supertitions, nécessité vitale, etc. Quelles que soient les motivations qui ont poussé et continuent à pousser les hommes au cannibalisme, force est de constater que chaque peuple qui s'est livré à cette pratique à eu ses «recettes gastronomiques» destinées à mettre en exergue les goûts et les saveurs particulières de la viande humaine. Sexe, âge, parties corporelles destinées à la consommation sont pris en considération. Crue, saignate ou bien cuite, rôtie ou bouillie, grasse ou maigre, la chair humaine est préparée avec soin, car les cannibales se sont toujours attachés non seulement à la préparation et à l'assaisonnement mais également au service et à la présentation de leurs vituailles humaines. Là se tient peut-être la vraie différence et la supériorité de l'homme cannibale sur la bête carnivore.
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