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Un récit tout imprégné de poésie érotique
Un samedi d'août 1999, en gare frontière de Port-Bou, Jacques Henric prend Catherine en photo, nue sous sa robe déboutonnée. Ce cliché saisi sur le vif, cette anecdote ouvrant Légendes de Catherine M. disent la complicité entre cet homme et cette femme, compagnons depuis près de trente ans. C'est justement depuis le milieu des années soixante-dix que l'écrivain photographie «ce corps, ce même corps, qui n'a étonnamment pas changé», remplissant un album de famille, réduit à «cette unité-là : Catherine». Avec elle, c'est tout un jeu qui s'est mis en place, où tous deux sont acteurs et témoins. «On se fait notre cinéma», commente l'auteur-narrateur, appréciant par exemple la façon avec laquelle C. «pour retirer sa culotte, passe les deux pouces sous l'élastique, se tortille pour en dégager ses hanches et ses jambes». Une trentaine de photographies de nues viennent étoffer ce discours amoureux, adossé aux citations littéraires et clins d'œil picturaux, de Malherbe à Picasso, de Proust à Genet, de Bataille à Warhol. Un récit tout imprégné de poésie érotique, de charme irrésistible, mais qui ne manque pas de prétention aussi, qu'il faut rapprocher de la publication simultanée de La Vie sexuelle de Catherine M. de Catherine Millet, compagne de Jacques Henric, dont le titre dit assez l'objet de l'ouvrage, avec ses aspects franchement racoleurs. – Céline Darner Quatrième de couverture
Des images douées d'une charge érotique
Depuis le début des années 70, Jacques Henric photographie le corps dénudé de Catherine M., sa femme. Pendant trente ans, il a accumulé des milliers de clichés de celle qui est l'actrice centrale de sa vie, de ses romans. II a choisi, pour ce livre, une trentaine de photographies qu'il commente et auxquelles il donne sens. Ces images, non pornographiques mais pour certaines douées d'une charge érotique, ne prétendent à aucune valeur artistique. Elles constituent pour l'écrivain une sorte d'aide-mémoire, de repère dans le temps, l'équivalent d'un journal intime, et très souvent le support fantasmatique de son univers romanesque. Dans Légendes de Catherine M., Jacques Henric poursuit et approfondit une réflexion, entamée dans ses livres précédents, sur les liens de l'image et de l'écrit, sur le temps, les représentations du corps, la fonction du nu, les fortunes et les infortunes du sexe... Mais peut-être Légendes de Catherine M. est-il avant tout un beau livre d'amour?
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