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Courrier
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E... comme ennuyant LIVRESSE (Juin 2000) - Page 91. L'ennui pousse au sommeil. Pendant combien de temps, ou plutôt combien de pages êtes-vous capable de supporter banalités et insignifiances. Dans ce cas-ci, vous aurez compris que la patience a atteint sa limite à la quatre-vingt-onzième page. Il en restait 262, qui ne seront jamais lues. Sue Grafton est l'une des auteures les plus lues et les plus traduites à travers le monde. Son dernier livre, «O... comme oubli» et le quinzième d'une série qui a commencé avec la lettre A. Des romans policiers dont le personnage principal est une femme détective privée, Kinsey Millhone. Dans «O... comme oubli», Millhone, bonne petite fille honnête, tente de retrouver son ex-mari qu'elle n'a pas revu depuis des années. Alors qu'ils étaient tous les deux policiers, celui-ci avait été impliqué dans un incident et on le soupçonnait d'avoir battu quelqu'un à mort. Il lui avait demandé de dire qu'il était avec elle le soir des événements. Elle n'avait pas voulu mentir et l'avait quitté. Que voilà un scénario de départ fort banal. Mais la plume des grands écrivains a cette qualité de transformer les banalités de la vie en choses extraordinaires. C'est d'ailleurs là tout l'intérêt des bons romans. Mais après 91 pages, la banalité succédait toujours à la banalité à chaque tournant de page. Des exemples ?. En voici: - «Je m'étais remise à la musculation les lundi, mercredi et vendredi matin, après mon jogging de 6 heures» - Il ne manque que l'horaire des cours. - «Kinsey est assez brillante, mais elle semble penser à autre chose et ne se concentrer que sur les sujets qui l'intéressent» - On dit de Sue Grafton qu'elle se raconte parfois dans le personnage de Millhone. Si vous voulez en savoir plus sur son comportement à l'école, allez directement aux pages 42 et 43. «Henry et moi partageons à l'égard des dentistes une appréhension qui frôle le ridicule» - Quelqu'un pourrait-il lui dire que peu de gens vont chez le dentiste de gaieté de coeur. «Je neutralisai la sonnerie du réveil avant qu'elle ne se déclenche. Puis je me lavai les dents...». Quelques paragraphes plus tard, c'était la page 91. Allons nous brosser les dents, puis allons nous coucher. La profondeur des personnages passe parfois par l'expression de quelques banalités qui donnent une touche de crédibilité au profil et qui, toujours, ajoute à la trame centrale du roman. Des détails qui ont une raison, une place qui s'explique dans l'histoire. Mais ici, la banalité ce cesse de succéder à la banalité. L'histoire est banale. Peut-être aurait-il fallu être plus attentif, dans les première pages du livre, lorsque l'auteur à fait dire à son héroïne : «Ma vie professionnelle se révèle d'ordinaire aussi peu palpitante que celle de n'importe qui». E... comme ennuyant - © Livresse.com
Quatrième de couverture À l'époque, l'affaire avait fait si grand bruit que l'équivalent américain de l'IGS s'en mêlant, Mickey avait préféré démissionner plutôt que d'être révoqué de la police. Elle hésite - renouer avec ce passé n'est pas drôle -, mais lorsqu'elle apprend que Mickey s'est fait tirer dessus et se trouve dans le coma, plus rien ne la retient. Elle veurt savoir.
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