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Point de vue
Une approche originale de la folie
Il serait peut-être exagéré d'affirmer que Timothy Findley nous tient en haleine durant la totalité de ce gros roman. Mais il n'en soutient pas moins l'intérêt, et ce résultat frise déjà la performance. Car autant prévenir : ces 500 pages ont pour cadre presque exclusif une clinique d'aliénés suisse, où notre héros se trouve enfermé – et confronté à l'autre protagoniste majeur de cette abracadabrante histoire : le célèbre Dr. Karl Jung, disciple, rival et antithèse vivante de Sigmund Freud. Abracadabrante, pour des esprits cartésiens, cette évocation de la métempsycose – on croit comprendre que notre héros a jadis incarné Monna Lisa, sainte Thérèse d'Avila, et autres icônes éternelles. Mais comme devant certains succès hollywoodiens récents, on peut aussi se montrer bon public, trouver ce mélange des genres – histoire de l'art, psychiatrie et "spiritisme" – fort habilement mené, apprécier la composition virtuose du récit, l'extrême soin apporté aux dialogues, et surtout, une approche originale de la folie, prudente, documentée et non dénuée de poésie parfois.
Findley ratisse large, mais s'il atteint son but, c'est sans vulgarité aucune, et en tout bien tout honneur. -- Scarbo pour Amazon.fr.
Quatrième de couverture
Celui que la mort a refusé
17 avril 1912 : deux nuits après le naufrage du Titanic, un homme du nom de Pilgrim, auteur d'un livre fameux sur Léonard de Vinci, se pend dans le jardin de sa maison londonienne. Pilgrim est retrouvé le lendemain, l'attestation de son décès signé par deux médecins, et cinq heures plus tard, son coeur recommence à battre. La mort a refusé Pilgrim. Celui-ci, qui s'est réfugié dans le mutisme, est alors interné à la clinique psychiatrique Burghölzli de Zurich, où l'un des médecins, Carl Gustav Jung, est immédiatement fasciné par ce cas hors du commun. Pilgrim, qui dit avoir vécu plusieurs vies, avoir côtoyé Léonard de Vinci, Sainte Thérèse d'Avila, et participé à la construction de la grande cathédrale de Chartres, est-il un malade mythomane, un rêveur de génie, ou la victime d'une étrange malédiction ? Et qu'en est-il de Jung, personnalité complexe, mélange d'arrogance et d'intuition, de compassion et d'inhumanité ? Roman ambitieux, fantastique, métaphysique, dans lequel apparaissent successivement Henry James, Oscar Wilde, Mona Lisa...
Pilgrim est un roman à la construction brillante et hardie, à l'écriture jubilatoire, le roman de la naissance de l'Europe du XXème siècle. Timothy Findley est ici au sommet de son art.
À propos de l'auteur
Timothy Findley est né en 1930, en Ontario. Il est l'auteur du Dernier des fous, Guerres, Le Chasseur de têtes, La Fille de l'homme au piano, Nos adieux..., tous publiés aux éditions Le Serpent à Plumes.
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