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Conrad Black
L'auteur est président du conseil de la société Hollinger Inc. et de ses filiales, qui sont propriétaires et qui assument le contrôle de plus de 400 journaux et revues. Né à Montréal en 1944, il est membre du Conseil privé du Canada et officier de l'Ordre du Canada.

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Maurice Duplessis
par Conrad Black
547 pages, 1999
Éditions de l'Homme
La biographie de Maurice Duplessis
par Conrad Black

Le portrait de toute
une époque du Québec

LIVRESSE (Novembre 1999) - «Dès l'âge de 10 ans environ, Maurice Duplessis se consacra tout entier à l'étude, à la préparation et, finalement, à la pratique de la vie publique».

Conrad Black, le magnat de la presse, président de la société Hollinger qui contrôle plus de 400 journaux, nous a fait découvrir Duplessis il y a déjà presque 25 ans. À l'occasion du 40e anniversaire de la mort de celui qui fut, à son époque, le chef incontesté de la province de Québec, les Éditions de l'homme ont offert une nouvelle présentation de la biographie en deux tomes rédigée par Black et publiée en 1976.

Le nouveau «Maurice Duplessis», sorti des presses cette année, a été expurgé de ses longueurs. Le texte original a servi de thèse universitaire à son auteur et la version 1999, en un seul volume de 547 pages, tient maintenant davantage de la biographie.

S'il s'est ajoutée à la nouvelle version une introduction à jour de 44 pages, où l'auteur laisse parler ses penchants politiques, - Black aime bien faire valoir ses opinions - l'ensemble de l'œuvre est un portrait plutôt objectif de l'ère duplessiste et de celui qui personnifia pendant trois décennie la politique québécoise.

En fait, l'œuvre de Black est monumentale. Elle nous éclaire sur cette époque que les intellectuels et les libéraux du début des années 1960 ont voulu étouffer derrière les portes épaisses de l'histoire. Elle nous fait connaître un homme sous tous ses jours, les meilleurs comme les pires.

Maurice Duplessis avait compris que personne ne lui donnerait le pouvoir, que le seul pouvoir qu'il obtiendrait serait celui qu'il parviendrait à arracher à ses adversaires. Alors, il a érigé le patronage en système.

Toute faveur de l'État, tout contrat se payait par un versement à la caisse électorale, la plus riche que le Québec ait jamais connue. Des fonds y entraient tous les mois et, à la mort de Duplessis, elle contenait 16 millions $.

Le «Chef» et son parti, l'Union nationale, ne distribuaient jamais de faveurs politiques inconsidérées. Ceux qui en bénéficiaient était redevables de ces gratifications. Et cela se traduisait par des votes le jour des élections.

Mais l'ère Duplessis, qui s'étendit de 1936 à 1959 avec une seule interruption entre 1939 et 1944, ne fut pas que noirceur. L'électrification rurale, la récupération des droits du Québec en matière d'imposition sur le revenu, de vastes programmes de construction de routes, d'écoles et d'hôpitaux sont autant de réalisations qui ont permis de jeter les assises du Québec moderne.

À sa mort, Duplessis personnifiait le Québec, qu'il avait dirigé pendant 18 années. Depuis son départ, personne n'est jamais parvenu à s'enraciner autant dans l'électorat québécois. Au cours des 30 dernières années, une dizaine de premiers ministres se sont succédés à la tête de la province.

Celui qui incarna si bien la politique québécoise aurait-il résisté au vent de changement qui a soufflé sur le pays depuis le début de la Révolution tranquille?

Même Conrad Black, qui admire l'homme, en doute. «Une autre résurrection pour l'ère de Kennedy et, plus tard, celle de Trudeau, l'époque des libérations imaginaires et des manifestations, auraient sûrement été au-dessus des forces de ce magicien politique remarquable mais presque septuagénaire».

L'histoire du Québec ne peut s'écrire en faisant abstraction de celui qui en fut le «père» durant toute une génération. Le travail de Conrad Black a permis de combler un vide important. Il s'agit d'une œuvre décisive, d'un document biographique et historique encore inégalé.


 


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