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Anne Hébert

Anne Hébert, décédée en janvier 2000, à l'âge de 83 ans, ne s'était jamais mariée. Elle avait quitté le Québec pour Paris, où elle s'était établie en 1966, parce que Paris était «très belle».
Poète et romancière
Anne Hébert, une plume comme un bel «habit de lumière»

LIVRESSE (Janvier 2001) - Il y aura un an, le 22 janvier, la francophonie perdait une de ses grandes plumes, l'auteure québécoise Anne Hébert, prix Fémina 1982, trois fois prix du Gouverneur général, prix de l'Académie française et, entre autres, prix des Libraires de France.

Sa première oeuvre publiée, «Trois petits garçons dans Bethléem», remonte à 1937. Ses titres les plus connus sont «Kamouraska» (1970), qui lui a valu deux prix littéraires, «Les Enfants du Sabbat» (1975), qui lui a permis un de ses trois prix du Gouverneur général, et «Les Fous de Bassan» (1982), couronné du prix Fémina.

La toute dernière de ses oeuvres, Un habit de lumière (1999), vient de sortir en traduction anglaise sous le titre de «A Suit of Light».

La renommée d'Anne Hébert dépassait largement les frontières du Québec pour s'étendre sur la France, mais également au Canada anglais. À l'occasion de la sortie de «A Suit of Light», le quotidien anglophone The Ottawa Citizen lui a consacré un long reportage signé par l'auteure torontoise Maggie Helwig.

Mme Hébert est née près de Québec, en 1916. Sa longue carrière d'écrivaine est parsemée de quelque quatre-vingt-dix titres et de dix-neuf prix littéraires.

Elle avait du sang noble dans sa lignée maternelle. Son grand-père, Eugène-Etienne Taché, l'architecte du parlement de Québec, avait un aïeul, Achille Taché, qui fut seigneur de Kamouraska.

Dans les années 1930, elle fera ses premiers pas dans le domaine des arts en participant à la préparation et à la présentation de pièces de théâtre. C'est également à cette époque que commencera sa sensibilisation à la poésie. Elle publiera son premier recueil de poèmes, Les Songes en équilibre, en 1942.

En 1950 sera publié un recueil de nouvelles à compte d'auteur, parce qu'aucune maison d'édition n'avait voulu de «ces choses malsaines à ne pas mettre entre toutes les mains». Une écriture trop violente pour le Canada français de l'époque.

La maison d'édition du Seuil, à Paris, sera la première à offrir de publier une oeuvre d'Anne Hébert. Et c'est d'ailleurs lors d'un séjour à Paris qu'elle écrira son premier roman.

Commence alors la période qui verra finalement son talent reconnu. Mais ce ne sera malgré tout qu'en 1970, avec la publication de «Kamouraska», qu'elle s'établira définitivement comme auteure et pourra vivre adéquatement de ses revenus d'écrivaine.

Les deux prix littéraires que lui vaudra ce roman, le Prix des Libraires de France et le Prix de littérature hors de France de l'Académie royale de Belgique, propulseront les ventes de «Kamouraska» dans les 100,000 copies.

Puis viendra le Prix Fémina pour «Les Fous de Bassan», qui couronnera sa carrière.

Anne Hébert, qui avait adopté Paris en 1966, était revenue définitivement au Québec en 1998.

Son dernier roman «Un habit de lumière», édité au Seuil, lui a valu le prix France-Québec/Jean-Hamelin 1999.







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